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Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?
Imaginez que vous vous trouviez dans un restaurant et que vous mangiez un excellent repas. Peut-être aurez vous l’envie de le cuisiner le lendemain chez vous pour vos amis ?
C’est impossible, car vous n’avez pas la recette du plat. Vous pouvez toujours le manger dans le restaurant, mais même si vous connaissez le goût, vous ne savez pas comment le reproduire.
En informatique, c’est la même chose avec un logiciel. La plupart des logiciels sont distribués sans leur recette, et il est interdit d’essayer de comprendre leur fonctionnement (on parle dans ce cas d’un logiciel propriétaire). Il est interdit de les partager avec vos amis, et il est interdit d’essayer de les modifier pour les adapter à vos besoins.
En revanche, un logiciel libre vous garantit plusieurs libertés :
- la liberté d’utiliser le logiciel, pour quelque usage que ce soit (liberté 0)
- la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos propres besoins (liberté 1). L’accès au code source est une condition pour tout ceci
- la liberté de redistribuer des copies de façon à pouvoir aider votre voisin (liberté 2)
- la liberté d’améliorer le programme, et de diffuser vos améliorations au public, de façon à ce que l’ensemble de la communauté en tire avantage (liberté 3). L’accès au code source est une condition pour tout ceci
Avec un logiciel libre, vous avez le plat, la recette, le droit de redistribuer (ou de vendre) le plat, la recette, et même de la modifier.
(source : http://www.april.org) Et une autre source : celle de Richard Stalmann le père de la phylosophie GNU: Retranscription de la conférence de Richard Stallman à Bruxelles, Belgique, le 1er avril 2007
LadyBug : une idée d'un système d'exploitation libre
Le projet LadyBug[1] propose un système ‘live’ GNU/Linux, complet et indépendant qui peut être utilisée directement à partir d’un CD ou d’une clé USB et installée par la suite sur un de vos disque interne ou externe tout en conservant vos autres systèmes d’exploitation grace à un multiboot.
Ce projet est développé par une association nantaise qui s’inscrit pleinement dans la philosophie du libre, en participant au développement du réseau libre nantais (rezo du libre[2]). Ce réseau regroupe associations, collectifs et entreprises oeuvrant autour des logiciels libres.
Un support technique est assuré par l’ensemble du réseau libre, par le biais de rencontres, d’ateliers et de ZOPS (Zone Ouverte de Partage du Savoir[3]).
Le Libre : un retour naturel au partage du savoir
Partage des connaissances...
Tout le monde connaît la formule a2 + b2 = c2, connue sous le nom de théorème de Pythagore. Tous les jours, nous utilisons des objets qui existent parce que ce théorème, comme beaucoup d’autres théorèmes mathématiques et de découvertes scientifiques, est disponible et utilisable librement. Cet accès libre et ce partage du savoir est à la base du développement et du progrès de l’humanité.
Ce partage naturel du savoir se situe dans la tradition du travail scientifique, les chercheurs utilisant la publication comme moyen de diffusion des connaissances. Dans un certain idéal, la communauté scientifique n’aurait pour objectif que l’avancée de son domaine, sans avoir à tenir compte d’une application directe, en particulier mercantile.
En informatique
Aux débuts de l’informatique, le développement du logiciel n’était qu’une activité annexe pour les constructeurs d’ordinateurs, et les logiciels étaient diffusés avec leur code source. Le code source est la version intelligible et compréhensible par un humain d’un programme informatique.
Grâce à ce code source, les utilisateurs des ordinateurs, principalement des chercheurs à l’époque, pouvaient améliorer et corriger les logiciels en toute liberté et s’échanger les modifications pour permettre à tous d’en bénéficier.
Au début des années 80, cette règle tacite de partage des connaissances a changé. La multiplication des ordinateurs et l’apparition des ordinateurs personnels ont permis la création de nouvelles entreprises : les éditeurs de logiciels.
Si l’on fait une analogie avec un plat cuisiné, on peut dire qu’un logiciel propriétaire équivaut à un plat dont on ne peut connaître la recette. Il serait impossible d’essayer d’améliorer celle-ci ou d’en deviner le contenu, et il serait également interdit de partager ce plat cuisiné avec ses amis.
Le projet GNU
Richard M. Stallman, un chercheur en informatique au MIT, considère que le logiciel propriétaire divise les utilisateurs : livré sans son code source, il empêche un programmeur de le modifier ou de l’améliorer, et il interdit de le donner à son voisin, sa copie étant le plus souvent illégale.
Afin de faire perdurer l’esprit de partage des connaissances, il décide de quitter son laboratoire en 1984, et de se consacrer à l’écriture d’un système informatique complet et libre, appelé « GNU ». L’objectif de GNU est d’être rapidement utilisable.
Pour promouvoir et soutenir le projet GNU, il crée en 1985 la Free Software Foundation. Les premiers travaux de cette fondation furent de définir le concept de Logiciel Libre et de rédiger un document définissant les conditions d’utilisation d’un Logiciel Libre : la licence publique générale GNU, ou GPL. Le projet GNU a ainsi posé les fondations éthiques et juridiques du Logiciel Libre.
L'idée de copyleft
Le copyleft est une utilisation particulière du droit d’auteur partant du principe que le partage doit fonctionner dans les deux sens. Il autorise la copie, la modification et la diffusion d’une œuvre, en imposant que les versions modifiées faisant l’objet d’une diffusion soient également disponibles sous une licence copyleft. Ainsi, avec le copyleft, ce qui est libre reste libre pour toujours.
Certaines personnes l’utilisent dans une démarche militante en faveur du libre accès aux connaissances. Ce concept ne se limite d’ailleurs plus qu’au logiciel.
Tout en respectant le droit de l’auteur, l’idée de copyleft consiste à garantir les libertés du public en s’assurant que les œuvres sous copyleft resteront libres. Il permet de créer un fonds commun d’œuvres libres, considérant que la connaissance scientifique et artistique fait partie du patrimoine de l’humanité.
Pourquoi utiliser les Logiciels Libres ?
Éthique
Tout d’abord, utiliser des Logiciels Libres est une démarche éthique : c’est la volonté d’utiliser des logiciels réalisés avec l’objectif de créer un bien commun dans l’intérêt général, et non pas des logiciels créés pour servir des intérêts privés.
Par exemple, l’idée de partage des connaissances véhiculée par la philosophie du Logiciel Libre est en adéquation avec les valeurs de l’enseignement public. L’utilisation de tels logiciels par exemple par l’éducation nationale serait donc cohérente.
Libre accès
Les Logiciels Libres sont librement accessibles, copiables et diffusables. Leur utilisation permet donc un accès moins onéreux aux technologies de l’information. Leur coût, généralement plus faible que celui des logiciels propriétaires, permet d’engendrer des économies sur l’achat des licences. Les économies ainsi réalisées peuvent par exemple permettre d’investir dans des développements pour améliorer les Logiciels Libres utilisés, dans de la formation ou du support technique. Ces investissements peuvent ainsi financer des sociétés de services locales plutôt que des éditeurs de logiciels situés la plupart du temps à l’étranger.
Pour le responsable informatique d’une grande structure, la gestion des licences est simplifiée avec le Logiciel Libre : on peut le copier sans compter.
Indépendance et pérennité
La disponibilité du code source des Logiciels Libres permet d’être indépendant du fournisseur de logiciel. Ceci a plusieurs avantages :
si le fournisseur de logiciels disparaît ou change son offre, il est possible de faire appel à un autre fournisseur, en conservant la solution technique actuelle ; il est possible de modifier soi-même le code source du logiciel, ou d’employer des développeurs, afin d’ajouter des fonctionnalités ou de corriger des erreurs ; l’utilisateur maîtrise totalement son environnement informatique : il n’est limité que par ses propres connaissances.
D’autre part, les Logiciels Libres utilisent en général des formats et des protocoles ouverts, dont le fonctionnement est publiquement connu. Leur usage permet à l’utilisateur de ne pas être dépendant d’un logiciel particulier : il peut en changer librement.
Environnement
Les besoins des logiciels et des systèmes d’exploitation libres sont moindres comparés à ceux des logiciels propriétaires. L’ordinateur devient donc moins vite obsolète, ceci rallongeant sa durée de vie, évitant la surconsommation qui entraîne un coût du traitement des déchets et un besoin d’espace pour « l’élimination » des déchets et une polution plus rapide.
Le logiciel libre participe pleinement aussi à la réduction de la fracture numérique et permet l’accès aux outils de communication et d’expression à tous, notament aux plus démunis.
Qualités techniques
La disponibilité du code source permet à des milliers de développeurs de vérifier en permanence ce code source, améliorant ainsi la fiabilité et la sécurité des Logiciels Libres. En particulier, la communauté du Logiciel Libre est très réactive en ce qui concerne la correction des problèmes de sécurité par rapport aux éditeurs de logiciels propriétaires.
Les Logiciels Libres sont souvent indépendants des contraintes commerciales : le développement n’est pas dirigé par la rentabilité et les corrections de problèmes mineurs ne sont donc pas négligées. Pour beaucoup de ces logiciels, il n’y a pas d’impératifs de calendrier : les nouvelles versions sortent lorsqu’elles ont un atteint un niveau de qualité suffisant.
Communauté du Logiciel Libre
Autour de l’idée du Libre et des Logiciels Libres s’est constituée une importante communauté de programmeurs, d’utilisateurs, de traducteurs, de graphistes. Ceux-ci travaillent dans des dizaines de milliers de projets, dont l’envergure et le mode d’organisation sont très variables. Cependant, dans la majorité des cas, le développement est massivement décentralisé et Internet est au coeur de l’organisation des projets. C’est grâce au courrier électronique, aux listes de discussions et à tous les autres outils qu’offre Internet que le Logiciel Libre peut prospérer. Il est intéressant de noter qu’Internet existe aussi grâce au Logiciel Libre : de nombreux logiciels d’infrastructure nécessaires à son fonctionnement sont des Logiciels Libres.
Dans ce modèle communautaire de développement, la relation entre l’utilisateur et le développeur n’est plus une relation de client à fournisseur, mais de personne à personne, privilégiant l’entraide. L’utilisateur devient acteur du processus de création, et participe à l’amélioration du logiciel. Les Logiciels Libres disposent donc d’une importante base d’utilisateurs-testeurs, avec laquelle les éditeurs de logiciels propriétaires peuvent difficilement rivaliser.





